Savoir-faire

En Ariège, le sabot de Bethmale trouve une nouvelle vie à Soueix

Publié le 29 octobre 2026, 3 min de lecture

À Arrien-en-Bethmale, en Ariège, un geste vieux de plusieurs siècles continue de vivre. Le sabotier Pascal Jusot, installé dans la vallée depuis 1984, a transmis son savoir-faire à deux artisans qui perpétuent aujourd'hui la fabrication du sabot pointu de Bethmale, dans deux ateliers ouverts à Soueix.

Qui est le sabotier qui a transmis son savoir-faire en Ariège ?

Pascal Jusot a façonné des sabots dans la vallée de Bethmale pendant plus de quarante ans. Installé à Arrien-en-Bethmale depuis 1984, il fabrique les sabots de Bethmale, reconnaissables à leur pointe si particulière, dans son atelier baptisé Les sabots du Couserans. Pendant des années, il a été l'unique artisan sabotier du département, un métier devenu si rare qu'on n'en compte plus qu'une poignée dans tout le pays.

À l'approche de la retraite, l'homme a choisi une autre voie que la fermeture pure et simple de son atelier. Il a passé une annonce en 2023 pour trouver des repreneurs, et c'est tout un geste séculaire qui a ainsi pu continuer d'exister au-delà de sa propre carrière.

Comment se fabrique un sabot de Bethmale ?

Tout commence en forêt. L'artisan part à la recherche d'un arbre à la forme particulière, capable de donner, une fois sculpté, la silhouette si reconnaissable du sabot pyrénéen. Le bois vert subit ensuite plusieurs mois de transformation avant de prendre une forme définitive, un vrai travail de patience où rien ne se précipite.

Vient ensuite la décoration, entièrement réalisée à la main avec du cuir, des clous et une bride martelée. Chaque paire naît ainsi d'un mélange d'huile de coude et de savoir-faire transmis de génération en génération, sans jamais recourir à une quelconque automatisation.

Qui perpétue aujourd'hui ce savoir-faire pyrénéen ?

Julien Cazalé et Barney Vander Cruyssen ont repris le flambeau. Les deux artisans ont pour projet de poursuivre l'activité de la saboterie et, avec elle, de faire perdurer la réputation d'un objet que l'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Ils produisent désormais, dans deux ateliers installés à Soueix, aussi bien des sabots de jardin que le fameux sabot de Bethmale à pointe, porté lors des danses folkloriques et des fêtes de village.

Cette transmission n'a rien d'une simple affaire commerciale. Elle a demandé des mois d'apprentissage aux côtés du sabotier historique, pour que les gestes, les réflexes et les petits secrets d'atelier ne se perdent pas en chemin. Une vraie fierté pour la vallée, qui voit ainsi un pan de son identité continuer de battre.

Pourquoi ce sabot pyrénéen mérite le détour ?

Le sabot de Bethmale n'est pas un simple objet de musée. Porté encore aujourd'hui par les groupes de danse traditionnelle et recherché comme pièce de décoration ou cadeau original, il continue de trouver preneur bien au-delà des frontières de l'Ariège. Sa forme pointue, unique en son genre, raconte une légende locale que l'on prend plaisir à se faire conter sur place, entre deux copeaux de bois.

Pousser la porte des ateliers de Soueix, c'est repartir avec bien plus qu'une paire de sabots. C'est emporter un morceau d'histoire pyrénéenne, sauvé de justesse par la rencontre entre un artisan expérimenté et deux jeunes mains décidées à ne pas laisser s'éteindre ce savoir-faire que l'on ne trouve presque plus nulle part ailleurs en France.

Sources

  • Touleco, Le seul sabotier de l'Ariège transmet son savoir-faire, 2026, touleco.fr
  • France 3 Occitanie, C'est un objet traditionnel, unique au monde, fabriquer des sabots à bouts pointus, ce projet qui botte deux jeunes artisans, 2024, france3-regions.franceinfo.fr
  • Tourisme en Occitanie, Le sabotier de Bethmale, 2024, tourisme-occitanie.com

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