À Calais, un cordonnier transmet son métier avant de partir
À Calais, dans le Pas-de-Calais, le cordonnier Bruno Lefèvre prépare sa retraite en formant celle qui prendra sa suite, Virginie Decroix. Une jolie histoire de passage de relais, née d'une simple annonce passée dans la presse locale et d'une envie commune de faire durer un savoir-faire devenu rare.
Qui est Bruno Lefèvre, le cordonnier de Calais qui passe la main ?
Dans le centre de Calais, la petite échoppe de Bruno Lefèvre ne désemplit pas. Les habitués s'y arrêtent aussi bien pour une paire de chaussures à réparer que pour un double de clé, et beaucoup connaissent l'artisan depuis des années.
Bruno Lefèvre doit tirer sa révérence à la fin du mois de juin, direction une retraite bien méritée après de longues années passées derrière son établi. Mais avant de tourner la page, il tenait à transmettre son métier plutôt que de le laisser disparaître avec son départ.
Comment Virginie Decroix est-elle devenue la repreneuse de la cordonnerie ?
Trouver une personne prête à reprendre une cordonnerie n'a rien d'évident aujourd'hui. Bruno Lefèvre a tâtonné avant de rencontrer la bonne candidate. Il raconte qu'un premier contact issu du monde de l'immobilier, qui disait connaître des personnes intéressées, n'a finalement mené à rien.
C'est une petite annonce publiée dans le journal local qui a tout changé. Le cordonnier explique que cette parution est précisément ce qui a conduit Virginie jusqu'à sa boutique. Une méthode toute simple, mais qui a parfaitement fonctionné.
Comment se déroule la formation de la future cordonnière ?
Depuis plusieurs semaines, l'atelier résonne à deux. Bruno Lefèvre partage désormais ses journées avec sa repreneuse, lui montrant comment coller, teinter ou réparer une chaussure, et comment tailler un double de clé, geste après geste.
Virginie Decroix découvre un métier qu'elle ne connaissait pas du tout, en apprenant directement sur place, sans passer par une école. Âgée de 49 ans et calaisienne, elle apprend les bases du métier aux côtés de celui qu'elle appelle affectueusement « Monsieur », entre deux clients qui patientent devant le comptoir.
Pourquoi cette transmission compte autant pour Calais ?
Parce que les cordonniers se font rares et que Bruno Lefèvre fait partie des deux derniers encore en activité dans la ville. Sa succession prend donc un relief particulier pour les habitants du coin, habitués à pousser sa porte depuis des années pour un service qu'on ne trouve plus si facilement.
Le soulagement de l'artisan est total à l'idée de voir son commerce continuer à vivre après son départ. Grâce à cette transmission patiente, les Calaisiens pourront continuer à venir faire réparer chaussures et sacs, ou refaire une clé, sans voir s'éteindre un service de proximité auquel ils tiennent.
Pourquoi aller pousser la porte de cette cordonnerie ?
Parce que derrière ce comptoir se joue une histoire simple et belle, celle d'un artisan qui a préféré transmettre son métier plutôt que de le voir disparaître. Virginie Decroix apprend aujourd'hui les gestes qui feront d'elle le nouveau visage de cette cordonnerie calaisienne.
Alors la prochaine fois qu'une paire de chaussures aura besoin d'un coup de jeune, direction le centre de Calais. Tu y croiseras peut-être encore Bruno Lefèvre en train de transmettre ses derniers gestes de métier, avant de laisser définitivement la main à celle qui portera son savoir-faire plus loin.
Sources
- France 3 Hauts-de-France, En publiant une annonce dans le journal, il trouve un repreneur à son magasin, « Ça aurait été dommage que ça ferme, c'est une société qui tourne », 2025, france3-regions.franceinfo.fr
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